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Il fut un temps où l’on parlait de « Nouveaux Territoires de l’Art » où la ville de Lyon souhaitait se faire voir comme une capitale culturelle au même titre que Berlin ou Barcelone. Pour ce faire la mairie laissait investir les anciens locaux RVI par une flopée bigarrée d’artistes et militants.
Il n’y a pas de culture vivante si celle-ci n’a pas de place dans la cité, si ces lieux n’ont pas la possibilité de jouir d’une autonomie et d’une liberté certaines. A Lyon, depuis 2002, la friche a rempli ce rôle avec d’autres lieux alternatifs; puis au nom de la propreté de la ville, de discours sécuritaires plus fascisants que porteurs de solutions, ces lieux ont tous étés fermés, expulsés, bannis de la cité…
Mais « ces lieux » sont bel et bien le terreau de nos libertés, d’expression, de création, de renouvellement de notre culture. Ils sont l’endroit où l’on réinvente le vivre ensemble là où les politiciens tournent en rond.
Les tenanciers de la culture lyonnaise préfèrent abandonner le projet de Friche artistique au profit d’autres plus rentables.
Si la mairie de Lyon, avec M. Kepenekian annonce la relocalisation d’une partie des frichards sur Lamartine (170 personnes sélectionnées sur dossier dans 3500 mètres carrés, mode de fonctionnement imposé), il est bon de rappeler quelques réalités..
La politique est l’art de penser la cité, la création artistique en repense les formes.
En mettant sous tutelle les « bons » sujets de la friche et en excluant les « mauvais », les gestionnaires de la culture lyonnaise privent la communauté d’une nébuleuse créatrice nécessaire à son épanouissement.
Lamartine qui ne sera disponible que dans trois mois, n’est même pas un placebo de solution valable, ni par le tiers acceptant les règles imposées, encore moins par les personnes qui luttent pour ne pas voir la création régie par des intérêts économiques.
La ville nous réduit donc à l’illégalité au 15 septembre. Nous reste comme seule possibilité de tenir ce lieu jusqu’à la nécessaire envie d’en ouvrir et d’en occuper d’autres. |